Le vendeur de pop-corn


Pourquoi tout va si mal ? Pourquoi le monde est-il contre moi ? Pourquoi personne ne me
comprend ? Pourquoi personne ne comprend ? Qu’est-ce que je les hais tous ceux avec leurs
petites manies, qu’est-ce que je les déteste ces personnes qui parle dans mon dos !

Je les accuse tous sans exception ! Pourtant tout était si tranquille avant…Je me remémore le mois
dernier, si paisible, un beau mois de juillet pour une lycéenne. Brusquement, une idée me
vient. Personne ne me comprend mais je pourrais l’écrire, écrire cette rage noire et cette
indicible tristesse et demain, au journal la vérité serait au grand jour. Personne ne me dira non.
Je prends mon carnet et commence :
« Pour commencer, je dois peut-être me présenter ,bien que je n’ai pas grand-chose à dire. Je
m’appelle Lou, j’ai 17 ans. J’habite une maison dans le sud de la France dans votre ville.
(Comme vous le savez pour la plupart). Maintenant, je peux commencer. Je dirais la vérité
telle qu’elle est et non comme vous la voudriez. Je n’écris pas pour que vous compreniez,
mais j’écris pour faire exploser LA Vérité et pas celle que donne l’autorité. C’était le 16 juillet,
tout allait merveilleusement bien. Le programme de la soirée : virée entre filles ! On allait
d’abord a la pizzeria puis au cinéma. Je n’ai pas le permis mais Lily, elle, l’avait. Donc après
m’être préparée, je partais en direction de la maison d’Ambre, Lily devait venir nous chercher
chez elle. 19h30, Lily vint nous chercher, blonde aux yeux bleus, pâle et discrète Lily faisait
penser à un ange contrairement à Ambre qui serait plutôt l’ado rebelle, ses mèches noires lui
retombent en frange sur son front et ses cheveux lisses lui font un casque noir. Nous partions
donc à la pizzeria. Nous partagions des fous rires, nos espoirs sur cet été, une soirée entre
filles quoi. Au cinéma, nous étions toutes d’accord pour aller voir un film d’action. 20h 27 :
Nous nous installions confortablement dans les sièges quand Lily nous a dit qu’on avait
oublié une chose primordiale :le pop-corn! Elle prit son porte-monnaie et disparut avant
qu’on ait pu dire quoi que se soit. Au pire, que pouvait-il lui arriver dans un hall d’accueil
rempli ? Rien, en tout cas c’est ce que je pensais… 20h35, le film commence dans 5 minutes
et elle n’ait toujours pas là. Je dis à Ambre que je vais aux toilettes et je partis sur ces mots.
Arrivée dans le hall, je cherche sa fine silhouette des yeux pour la voir enfin devant le stand
de sucreries. Cependant, en y regardant de plus près , je vois le visage de Lily rouge et celui
du vendeur énervé. Elle ne me voit pas, lui non plus. J’entendais sa conversation :
« …ce n’était pas de ma faute ! disait-elle comme si elle allait pleurer.
-Si ! Tu le sais très bien ! rétorqua le jeune homme qui devait avoir un an de plus que moi,
baraqué, cheveux châtain et l’air crâneur. Mais le plus marquant sont ces yeux : gris ardoise
cerclé de noir, je ne connaissais qu’une personne avec ces yeux et vous aussi.
-Non ! une larme coule le long de sa joue, je vois rouge, c’est une larme de trop. Je fis mon
entrée :
– C’est quoi ce service ? Depuis quand on harcèle les clientes ?
Il a l’air de me remarquer comme une bête gênante dans son festin. Je me rembrunis, je me
tourne vers mon amie :
-Viens. »
Je lui attrape le bras pour rejoindre Ambre. Cependant, dans le bruit général, j’entends ces
mots qui me feront tant frissonner. J’essaie de me dire que j’ai mal entendu. Lily me regarde
et me demande de ne rien dire de ce qui s’était passé. Je ne me posais pas de questions et
acquiesçait. Ambre nous attendait, je lui dis qu’il n’y avait plus de pop-corn. Le film fini,
nous rions encore des répliques dites par les acteurs. Nous marchons vers le parking. Je me
souviendrais TOUJOURS de cette impression qu’on nous regardait. Je chuchote alors à
Ambre, cette impression de regard elle me regarde et me sourit en pouffant. Personne ne me
prenait au sérieux. Je me disais alors que j’étais paranoïaque et monte dans la voiture de Lily.
Elle démarra la voiture, on avait une dizaine de kilomètres à faire. Dès qu’on prit la nationale,
j’entendis un moteur derrière nous, assise à la place arrière, je voyais mieux ce qui se passait
et c’était ça le pire. Une voiture noire nous suivait, les phares éteints et ça ce n’était pas une
coïncidence. Je le dis à mes amies, Lily décida alors de semer la voiture, Ambre, elle dit que
ça faisait comme dans le film. Lily tourne à droite puis à gauche. Je me détendis un peu,
pensant l’avoir semé quand une affreuse secousse me fit sursauter.
« C’est quoi ça ! demande Lily paniquée
-Il nous fonce dedans ! s’exclame Ambre
Je sors mon téléphone en vitesse, tape le 17 mais il n’y avait pas de réseau ! Les appels
d’urgence ne marchaient pas !
Alors je me retourne pour voir effectivement la voiture prendre de l’élan…
-Avance ! Tout de suite ! criais-je
Mais c’était trop tard la voiture nous fonçait dessus, et nous étions perdues en plein milieu de
la campagne, je ne savais pas où on était quand j’eus cette effrayante illumination : le pont. Je
le compris que trop tard, le pont, devant nous était réservé aux vélos uniquement, une voiture
ne pouvait pas passer et on fonçait droit dessus. Je criais :
-Lily tourne… »
Et interrompu par ce dernier à-coup. La voiture fut violemment percutée. Et je vis la voiture
se retourner, nous percutions la barrière en bois, il y eut un parfait équilibre si bien que je crus
qu’on était sauvé. J’entends une porte claquer. Je voulais alors sortir aller étrangler ce cinglé
(que vous connaissez si bien), mais à peine je me penche d’un côté, la voiture vacille. Si
j’arrive à sortir, elles seraient partis dans l’eau. Alors je pensais que notre seule chance était
de faire semblant d’être morte, et il nous laisserait peut-être tranquille. Naïve ,voilà ce que
j’étais. J’entendais les pas, lourds sur la terre battue. Je sentais sa présence dans mon dos. Il
me regardais. J’en était sûre. Ne pas bouger. Il ne peut pas voir mes yeux car j’étais tournée
dans le mauvais sens. Quand je les rouvre, je vois dans le rétroviseur notre agresseur.
Souvenir gravé à jamais. Des yeux gris cerclé de noir fixent mon corps. C’est Lui. Je le
reconnais tout-à-fait comme vous le reconnaîtriez vous aussi. Mais je n’entends que ces mots
qui résonnent dans ma tête : « …Vengeance…Je te tuerais… ». Je voulais les oublier mais ils
étaient toujours là dans ma tête. Le pire c’est qu’il avait réussi. Un sourire vint s’imprimer sur
ses lèvres, un sourire mauvais, et il partit d’un grand rire, froid, dénué de toute émotion, il me
dégoûte et me dégoutera toujours, c’est un fou : un tueur. Puis arrêtant de rire, il regardait
attentivement la voiture de Lily et murmura :
« Je te l’avais bien dit… Je réalise toujours ce que je dit…» Il fait peur. Il avait le regard
perdu dans les vagues pendant quelques secondes. Soudainement, ses yeux quittent la voiture
pour rencontrer les miens dans le rétroviseur. Il sourit de toutes ses dents. Plus la peine de
faire semblant, il savait. Alors qu’une petite voix dans ma tête criait ce mot « Vengeance» en
boucle, il s’est avancé et a donné un grand coup de pied dans la carrosserie de Lily…Puis le
noir.
En y pensant, des larmes de rage et d’impuissance viennent tomber sur mes mots. Je n’ose pas
écrire la suite. Je ne veux pas l’écrire. Je ne veux pas croire à cela, je ne veux pas croire que
Lily est morte dans d’affreuses souffrances selon les médecins, je veux pas croire qu’Ambre
est dans le coma à vie. Je ne veux pas croire que je suis la seule survivante encore consciente.
Je ne veux pas croire que je ne reverrais jamais mon ange à moi, que je n’irais plus faire de
sorties entre amies, je ne veux pas croire que je n’ai plus d’amies. A cause de lui et de
vous .J’ai juré que je ne pleurais pas avant de m’être vengée. Je me vengerais, d’une façon ou
d’une autre. Au moins, je vous aurais prévenus, je L’aurais prévenu. Aujourd’hui, nous
somme le 1er août. Deux semaines ont passées depuis « l’accident ». Mais je sais que ce n’est
pas un accident. Même si personne ne me croit, même si vous me prenez pour une folle, moi
je sais ce que j’ai vu. Chaque fois que je descends les escaliers, je sens le regard de mes
parents, il croient que je suis folle de tristesse. Je croise leurs regards plein de pitié, je n’en ai
pas besoin, ce n’est pas ça qui fera revenir Lily. Je les fusille du regard à chaque fois. Toutes
les fois où je sors je sais que ce ne sera pas de la tarte, tous ces gens qui parlent par derrière.
Qui me regarde et me dise « Toutes mes condoléances… ». Mais maintenant c’est fini.
Personne ne veut croire ma version de l’histoire. Ils croient que j’ai eu un « traumatisme
crânien ». Pourtant, comment aurait pu finir une voiture dans la rivière, avec des marques de
carambolages, sans être saoûles et que la voiture n’est pas de problème technique ? Personne
ne veut me croire. Vous ne me croyez pas. Maintenant, vous accusez ce pauvre garçon, vous
l’accusez lui parce qu’il est différent de vous. Et dans votre incompétence, vous le prenez, Lui
comme coupable. Et bien moi je vous accuse :
J’accuse…les policiers de prendre des faux témoignages.
J’accuse…le Maire, qui ne veut pas m’écouter et préfère ne pas voir la réalité.
J’accuse…les personnes de l’hôpital, qui inventent de fausses maladies pour rendre faux mon
témoignage.
J’accuse…Les adolescents qui se moquaient de mes amies avant l’accident, et qui maintenant
se disent leurs amies.
J’accuse…tout ceux qui ne m’ont pas crue.
J’accuse…le juge de vouloir disculper le meurtrier.
J’accuse…Tous ceux qui ont porté de faux témoignages à la police pour emprisonner
quelqu’un qui était différent d’eux.
J’accuse…Vous ! Qui voulez le disculper, personne ne s’imaginait que le fils du Maire tuerait.
J’accuse…votre volonté de ne pas m’écouter. Vous êtes accusés de ma disparition car quand
vous lirez ce message, je serais partie, et je vengerai celles qui doivent être vengées. » Lou,
journal du Midi, « J’accuse… ! », 2 août 2014.

Pseudo-auteur : Vicky

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