Lutte contre l’ordinaire

Tous étaient là, moroses, avachis, refusant leur corps, lâches et ailleurs. Pourtant, aussi surprenant
soit-il, ils étaient bien tous là, tout est dit, là, oui. Aussi uniques et particuliers que chacun de ceux
là s’imaginaient être, leur destinée devenait commune.

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Eins

-Eins…
Mon voyage à moi a commencé là, acculé contre ce mur, coincé entre deux mondes, perdu et condamné, seul et oublié ; un soir d’automne qui avait si gentiment commencé.
Quand la Mort à le canon de son fusil pointé sur notre tempe, on rembobine, on revoit hier ; les pensées défilent, il n’existe plus aucune barrière, plus de raison, plus d’ordre, elles affluent, fusent, apparaissent, disparaissent, m’envahissent, me traversent.

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@ la tienne

Boîte de réception. Un message non lu.
Premier réveil depuis que l’on s’est fait nos au revoir, qui ressemblent ma foi de plus en plus à des adieux.
Quelle ne fût pas ma douleur quand j’ai ouvert les yeux et que je ne t’ai pas vu ce matin-là.
Et c’est une peine qui m’a habité les jours qui ont suivi pendant quelques temps.

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Les larmes rouges

15 novembre 2018, Illinois
« J’accuse cette belle et inébranlable justice. J’accuse ce leurre manigancé tout au long de nos dernières décennies. J’accuse mon cher capitalisme que j’ai tant vénéré… »
Telle était la réponse de Guillain VERPANO à la question : « Vos dernières paroles ? »

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L’aventurière

Éclairée par sa lampe à pétrole, elle rampe sur le sol de terre dure. Elle sait que la sortie n’est pas loin, elle peut sentir l’herbe bien coupée qui perse à quelques centimètres de sa tête. Un dernier rideau de toiles d’araignée se dresse devant elle mais, sans peur, elle l’écarte d’un geste brusque.

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Enfermé, hors du temps…

 » J’accuse ces gens… De m’avoir toujours laissé seul… « 

Aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours était curieux. Une curiosité maladive: je ne pouvais jamais m’empêcher de vouloir connaître les choses qu’on m’interdisait de savoir. Voir ce que je ne devais pas voir. Ma mère me disait toujours que cette curiosité m’amènerait à quelque chose. Ma perte disait-elle. Mais finalement… Ça n’a pas été totalement ça…

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Il est 23h30…

Il est 23H30. J’aime donner les heures, parce qu’on écrit différemment le matin, alors que le soleil se lève et qu’une journée entière nous attend, et la nuit, où le calme revient, nous laissant seul avec nos pleurs, nos espoirs, nos idées. Notre mélancolie.
Il est 23h30 et je range de vieux papiers. Je range de vieux papiers glanés dans divers magasines avant mon départ, des papiers censés me servir de bouées dans ce grand bassin parisien où je n’avais jamais mis les pieds. Ils reflétaient mes pensées et mes préoccupations d’alors, ma peur de l’ennui, et mon besoin de repères dans un monde encore inconnu.

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