Quand le chemin se fait long


Je venais de descendre l’escalier de mon appartement. Arrivant sur le perron, je contemplai l’avenue, qui s’étendait sur une centaine de bons mètres. Je pris une grande bouffée d’air frais, me préparant mentalement à ce que j’allais devoir accomplir.

De l’autre côté de cette longue traversée se trouvait la boulangerie, où je devais expressément aller chercher du pain pour le déjeuner. Prenant mon courage à deux mains, je m’élançai vers ce chemin semé d’embuches. Dès le début, un problème s’imposa à moi. En effet pour accéder à l’avenue, je devais traverser une route…la nationale ! Alors que je m’apprêtais à m’engager, le feu décida de passer au vert. Ça commençait mal, surtout que les feux de cette route étaient particulièrement longs. 1 minute, 2 minutes, 5 minutes… M’exaspérant de ce délai je me décidai à allez appuyer sur le bouton pour piéton, que soit dit en passant, je trouvai incroyablement inutile. 2 minutes plus tard le bonhomme passa enfin au vert, quelle chance ! C’était vite dit ! Car oui, je n’étais pas le seul à attendre sur le trottoir, et un formidable chassé-croisé s’effectua. Ça se bousculait dans tous les sens, et je m’efforçais d’avancer. Soudain, une personne sortie de nul pars apparu devant moi, et nos épaules se fracassèrent l’une contre l’autre. Dans ce remue-méninge, mon portable bondit de ma poche et tomba au sol. Lorsque je tentai de le ramasser, le mouvement de foule me propulsa en avant. J’aurais pleuré si j’avais pu, mon portable, le dernier sorti et fraichement acheté venait de se faire abandonner au milieu du passage. Reprenant un semblant de virilité, je ravalai ma salive et continuai mon chemin. Arrivé de l’autre côté, je m’accordai une seconde de répit pour reprendre mon souffle. L’avenue se présentait comme un long chemin de sable et de cailloux, bordée de verdures, où des familles venaient s’installer. Reprenant la marche, le nez en l’air, je ne m’aperçus nullement de l’énorme caillou, qui n’avait choisi meilleur endroit que devant mon pied. Ce qui arriva, arriva. Mon pied s’écrasa de plein fouet contre ce gros rocher qui m’explosa les orteils. Je me retins de lâcher un hurlement digne d’un cochon égorgé, et je cherchai un banc où m’assoir. Évidemment, tous les bancs étaient pris d’assaut par des sexagénaires en manque de sudokus. Je décidai donc de m’assoir un peu dans l’herbe, d’enlever ma chaussure et de constater les dégâts. M’affalant littéralement au sol, je retirai ma vieille basket. Aucuns orteils n’avaient été épargnés et le sang coulait à flot de ces petites saucisses boudinées. J’essuyai mon pied sur l’herbe pour enlever le sang et reprendre la route. M’apprêtant à me lever, un choc envoya ma tête valser dans les airs, atterrissant lamentablement sur le sol. Me remettant de la collision, je scrutai les environs, pour trouver l’endroit d’où cela provenait. Soudain j’aperçus un objet de forme ronde, communément appelé « ballon de foot ». J’allais étrangler le petit voyou qui avait osé faire ça ! Un petit garçon apparu devant moi, récupéra son ballon, et parti sans un mot. Même pas un pardon ! « Non mais alors les jeunes de nos jours ! Pas une once de considération » grognai-je dans ma barbe. Finis de jouer, je me levai d’un bon et continuai sur ma lancé interrompu. Alors que j’arrivais à la moitié de mon périple, un magicien m’accosta, me forçant à venir tirer les cartes comme volontaire. Je n’avais rien demandé moi ! Collant un sourire de parfait hypocrite du mon visage, je tirai les cartes au hasard pour faire plaisir aux gens qui passaient. « 5 minutes de perdu » m’exaspérai-je, et je fus enfin libéré. Pas question de perdre encore mon temps, alors je choisis de trottiner. Puis, regardant au loin je vis cette foule immense ! Une armée d’étudiants boutonneux venaient étudier les plantes. Ne pouvaient-ils pas faire ça ailleurs ?? Jouant du coude, je me faufilais entre les adolescents pour enfin sortir de ce joyeux tumulte. Il ne me restait plus qu’une vingtaine de mètres pour enfin atteindre mon but. Cependant, pas loin d’ici, une boucherie faisait griller des poulets, et l’odeur se rependait autour de moi. Apparemment je n’étais pas le seul à la sentir, car un chien apparu derrière moi, la laisse pendu à son coup, mais aucune main ne la tenant. Le chien s’arrêta devant moi, distrait par l’odeur de mes vêtements, car oui malheureusement pour moi je possédais aussi un compagnon poilu, un chat. Le chien se mit à me grogner dessus, et puis
quoi encore !! Il commença à me mordre les mollets, et ne pouvant plus me contenir, je l’envoyai valser dans les buissons d’à côté, d’un bon coup de jambe. La menace éloignée, je repris mon chemin vers la boulangerie. Un sentiment de joie remplit mon être, devant l’exploit accomplit, j’y étais enfin parvenu. Il ne me restait qu’à tourner à droite, au croisement, et la boulangerie apparaîtrait devant mes yeux. A ce moment-là, je me dis que j’avais vraiment accompli une traversée extraordinaire ! Quand le moment fatidique arriva, mes espoirs s’envolèrent. J’étais vraiment idiot… la boulangerie n’ouvrait pas le dimanche. Combien de fois n’avais-je pas vu cela arriver dans les films, alors pourquoi moi?! Mon corps paralysé d’effroi, je songeai au chemin du retour que j’allais devoir effectuer. Mon cerveau grilla…

 

Pseudo-auteur : Zefira

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