Payer Pour Leurs Erreurs


C’était la faute de tous ces gens si j’étais actuellement entre la vie et la mort, allongée dans ce lit inconfortable d’un quelconque hôpital, un tube enfoncé dans la gorge. Ces personnes cruelles dont est peuplé le monde, qui méprisent chaque individu jugé comme « différent ».

Mais selon quels critères ? Sur quoi se basaient-ils pour définir une personne comme anormale, sortant du lot ? Qui étaient-ils pour se permettre de critiquer chaque chose que l’on faisait ? Personnellement, j’aurais aimé avoir la réponse à ces questions car cela m’aurait sûrement permis de ne pas tomber et sombrer aussi bas dans les profondeurs des Enfers.
Maintenant il était trop tard pour moi, pour essayer de sortir la tête hors de l’eau, pour m’agripper à la vie, pour renaître de mes cendres et recommencer tout depuis le début. Je n’avais plus aucune chance et ça, je le sentais. Ce sentiment enfouit si loin en moi me serrait le coeur et comprimait mon ventre jusqu’à m’en faire mal aux tripes. Je n’avais même plus le
droit d’espérer m’en sortir et la mort m’attendait les bras ouverts pour m’emmener loin de ce monde de préjugés.
Tous ces élèves de mon lycée –ou ancien lycée devrais-je dire ?– m’avais poussé à bout, me forçant à m’exclure et à raser les murs sous peine d’insultes ou autres moqueries. S’ils n’avaient pas été aussi perdus dans leur monde de superficialité et d’hypocrisie, ils auraient alors su que tout n’était pas rose, bien au contraire. Mais pourquoi l’auraient-ils fait ? Car
après tout, je n’étais qu’une simple fille qu’ils prenaient un malin plaisir à faire souffrir, jour après jour.
Une seule et unique personne aurait pu me sauver de cet enfer que je vivais quotidiennement.
Une seule. Mais elle n’a pas daigné faire un pas dans ma direction et me tendre la main. Toi…
Tu aurais pu les empêcher d’aller si loin, tu aurais pu arrêter ces jeux puérils auxquels ils s’adonnaient tous avec passion, tu aurais pu les remettre à leur place. Mais tu ne l’as pas fait.
Et pourquoi cela ? Hein ? Dis-moi. Je t’en prie, dis-moi pourquoi tu n’as rien fait pour me sauver de ces monstres ? Tout ce qui arrive est de ta faute ! Si tu avais finalement été courageux pour hausser le ton envers ces imbéciles, peut-être que je ne me retrouverais pas dans ce lit d’hôpital, essayant de me battre en vain pour quelque chose qui n’en vaut pas la
peine : la vie.
Et toi ? Celle que j’étais censée appeler « maman » n’a pas vu ce qu’il se passait. Elle n’a même pas vu à quel point sa fille était détruite, à quel point elle souffrait, à quel point sa vie ne se résumait à rien et qu’elle préférait mourir plutôt que de subir toutes les injures qu’elle recevait. Pourquoi n’as-tu rien vu maman ? Pourquoi… Le sourire joyeux que tu chérissais
tant avait disparu depuis bien longtemps et pourtant, cela ne t’as pas empêché de ne rien remarquer. Peut-être que tu faisais semblant de rien, fermant désespérément les yeux face aux malheurs et à la détresse de ta propre fille. Ta chair, ton sang ! Celle que tu as gardée bien au chaud et à l’abri dans ton ventre durant neuf long mois ! Mais rien. Pourquoi tu ne m’as pas protégé comme tu étais censée le faire envers et contre tous ? N’est-ce pas le devoir que chaque mère se doit d’accomplir ? Alors donne-moi une seule bonne raison de ne pas m’avoir secourue. Je t’en prie, n’aurais-je donc jamais le droit de connaître la vérité avant de m’en aller définitivement vers l’au-delà ?
Quant est-il du lycée, de ce corps enseignant qui assistait à cette torture sans ne rien laisser paraître ? Ils n’ont rien fait non plus. Avaient-ils trop peur des représailles de ces monstres, bien trop puissants ? Non bien sûr que non. Mais prêter main forte à une fille inutile qui n’a plus de raison de vivre était totalement dérisoire. Mais j’avais besoin de pouvoir compter sur quelqu’un. Qu’au moins une personne me dise que tout irait mieux, que tout s’arrêterait, que le futur me sourirait de nouveau, que je pouvais encore avoir de l’espoir. Ils m’ont regardé couler sans intervenir. Je pouvais presque apercevoir leurs sourires mesquins alors qu’ils admiraient ma chute.
Pourquoi personne n’a vu à quel point ma souffrance maculait mon âme et embrouillait mon esprit, me laissant plus bas que jamais ? Ce sont tous des lâches ! Honte sur eux ! La honte de m’avoir laissée mourir. Tout est de leur faute ! S’il y a bien un coupable ce sont toutes ces personnes qui n’ont pas jugé utiles de me venir en aide, ces monstres qui me torturaient
mentalement, m’épuisaient physiquement et m’achevaient moralement.
C’est de votre faute. J’abandonne, vous avez gagnés. Je me laisse emporter par les ténèbres, mais j’espère de tout coeur que ma mort vous hantera tous, et vous fera tellement culpabiliser que vous souhaiterez mourir à votre tour.
C’est de votre faute.
Votre faute.
Et je vous accuse tous de ma mort.

 

Pseudo-auteur : Little Star

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