Souvenez-vous


Bonjour à tous. Voici les titres de l’actualité du jour :

Un attentat à la bombe a touché tôt dans la matinée le bunker oú s’était réfugié le président Burundais. En effet, son opposant dans cette guerre qui sévit depuis plusieurs semaines : le Rwanda, qui parlait il y a quelques jours d’une attaque ciblée, a mis à exécution sa menace. Nous retrouverons là-bas notre envoyé spécial qui nous expliquera en quoi cette mort risque de changer totalement la face de la guerre.

Un vaccin contre l’obésité, c’est ce que vient de découvrir un petit groupe de chercheurs du Sud de la France. Ce vaccin devrait permettre de combattre ce phénomène de plus en plus présent dans une majorité de pays et être accessible à tous.

« J’ai décidé de me reconvertir en skipper afin de participer à la coupe de l’América. J’en rêve depuis plusieurs années et j’ai finalement décidé de sauter le pas ». C’est la nouvelle un peu surprenante déclarée par l’ancien président de la république hier après-midi lors d’une conférence de presse. Le « Président préféré des Français depuis plus de 50 ans » aurait-il définitivement oublié son rôle d’ancien président pour se reconvertir ?

Pour finir, une nouvelle qui va ravir les amoureux des jeux vidéo anciens : Atari renaît de ses cendres et lance l’Atari 9200 ! Cette nouvelle console présentée lors du festival « E3 » de Los Angeles semble déjà faire des émules dans le monde des jeux vidéo et nous essayerons de comprendre l’engouement créé autour de cette nouveauté.

Mais avant, intéressons-nous à une nouvelle qui bouleverse le monde de l’écriture française. Ce matin l’annonce de la mort de l’écrivain Lionel Marcial n’est en effet pas passée inaperçue. L’auteur de « Tous à la mer » ou encore « Rivages éternels » avait touché beaucoup d’amoureux de l’océan grâce à ses magnifiques descriptions et ses histoires romantiques. Afin de lui rendre hommage, nous avons choisis de rediffuser une interview qu’il nous avait accordée il y a maintenant neuf mois, alors que rien ne laissait présager qu’un cancer pourrait emporter « l’Homme Invincible ». Souvenez-vous. Interview réalisée par Laurence Beaupert et Jeremy Loyal le 21 mars dernier.

«Bonjour à tous les téléspectateurs qui nous rejoignent ! Nous nous trouvons en compagnie d’un génie de l’écriture française qui nous fait l’honneur de répondre à nos questions : mon cher Jeremy permettez-moi de vous présenter Lionel Marcial, l’auteur préféré des français !

— Bonjour Laurence, bonjour Jeremy !

— Alors Lionel, qu’est-ce que ça vous fait d’être « l’auteur préféré des français » ?

— J’ai du mal à y croire je vous assure ! Il y a encore quelques années j’étais un auteur inconnu, qui ne parvenait pas à faire publier son livre « Poussière d’étoile (de mer) » et que personne ne prenait le temps de lire. Les gens me prenaient pour un auteur d’humour un peu lourd, par rapport au titre de mon livre, et se disaient que plus de 400 pages sur ce thème devait être très dur à suivre. Et aujourd’hui me voilà « l’auteur préféré des français » comme vous l’avez fait remarquer ! Je ne saurais vous expliquer la joie que je ressens quand les gens me reconnaissent dans la rue et me demande des photos ou un autographe. Ce n’est pas très courant pour un auteur d’être reconnu et je suis heureux de faire partie de cette minorité.

— Donc d’après ce que vous dites, vous avez essuyé plusieurs refus avant que l’on accepte de publier votre livre c’est ça ?

— Exactement ! J’ai envoyé mon manuscrit à une vingtaine de maisons d’édition. Seulement trois m’ont répondu et aucune ne validait mon livre. J’ai passé cinq ans avant qu’une vingt- troisième maison d’édition me dise finalement qu’ils avaient adoré et qu’ils désiraient me rencontrer pour parler des questions administratives.

— Ces mêmes maisons d’édition doivent aujourd’hui regretter de ne pas avoir cru en votre histoire…

— Ah Ah ! Oui sûrement !

— Qu’est-ce que ça vous a fait de recevoir tous ces refus ?

— Hé bien, j’ai d’abord accusé le coup. Vous savez, c’est parfois difficile de croire en soi après autant de refus. Mais ma passion a été la plus forte et je me suis répété que le vent allait tourner… Je n’aurai pas imaginé qu’il tournerait aussi fort !

— Et c’est amplement mérité ! D’ailleurs « J’accuse le coup », cette éternelle expression qui ne vous lâche plus !

— Oui c’est vrai que je l’utilise souvent, que ce soit dans mes livres où dans la vie de tous les jours.

— D’où vous vient cette expression si je puis me permettre ?

— C’est une histoire assez longue et qui remonte à loin vous savez !

— Oh ne vous inquiétez pas mon cher Lionel, Laurence et moi avons tout notre temps, et j’imagine que les téléspectateurs ne diront pas non à quelques minutes supplémentaires en votre compagnie !

— Très bien alors je vais vous raconter. En réalité, c’est ce qui m’a formé, c’est grâce à ça que j’ai commencé à écrire. J’avais alors 7 ans. A l’école, j’apprenais les conjugaisons. Mon

institutrice, voyant que je me débrouillais particulièrement bien dans ce domaine, m’a inscrit à un concours de Conjugaison organisé pour les élèves de CE1 et CE2 de quatre communes, dont faisait partie la mienne. J’étais terrifié par ce concours ! Il était organisé en 2 parties : une écrite et une orale. Pour chaque partie nous avions trois verbes à conjuguer correctement, et l’enfant ayant réussi à conjuguer parfaitement ses 6 verbes gagnait des cadeaux (je ne me souviens même plus quels étaient les lots). S’il y avait plusieurs gagnants il y avait bien sûr plusieurs cadeaux. Quand nous sommes enfants il y rarement des perdants dans ce genre de concours vous n’êtes pas d’accord ?

— Oui c’est vrai.

—Je m’étais préparé très soigneusement à ce concours avec mes parents, et quelques jours avant, les conjugaisons n’avaient plus aucun secret pour moi. Je n’avais même plus peur lorsque je suis monté sur la scène de la salle des fêtes et que je me suis approché du micro pour mon tour de passage. Tous mes camarades étaient derrière moi assis sur des chaises et faisaient beaucoup de bruit. Il est très difficile de tenir les enfants en place, surtout lorsqu’ils sont sous les feux des projecteurs !

— Oui c’est sûr. Et donc comment s’est passé votre passage ? Sur quels verbes êtes-vous tombé ?

— Vous n’avez pas encore compris ?
— Euh…je dois vous avouer que non je ne vois pas où cette histoire nous emmène !

— Et bien le premier verbe sur lequel je suis tombé, je vous le donne en mille, c’est le verbe « accuser ».

— Ah ?
— Et oui ! Donc j’ai commencé à conjuguer : J’accuse, Tu accuses etc…

— Et vous avez fait des erreurs ?

— Pas une seule ! J’ai également récité les deux autres verbes sans difficulté.

— C’est une bonne chose alors !

— Oui, parce que j’étais assez fort à l’oral. Par contre l’écrit m’a posé beaucoup plus de problèmes. J’ai fait en tout cinq erreurs sur les trois verbes à conjuguer.

— Oh vous n’avez pas gagné le concours alors ?

— Et non mais ce n’est pas grave j’ai eu un joli livre en lot de consolation. Et comme je vous le disais, c’est ce concours qui m’a donné l’envie d’écrire. Pendant des années je me suis souvenue de ce verbe « accuser » avec lequel j’avais commencé le tout premier concours en rapport avec les mots. Après ce concours, j’en ai bien sûr fait beaucoup d’autres : d’orthographe, de conjugaison, puis plus tard des concours d’écriture lorsque j’ai commencé à mettre tous ces mots ensemble pour former mes premières histoires. Je n’en ai jamais gagné un seul. Une fois je suis arrivé en troisième position mais je n’ai jamais fait mieux.

— C’est difficile à croire vu votre célébrité actuelle !
— Et oui mais que voulez-vous, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. — Encore une de vos expressions fétiches…

— Et elle est aussi tirée directement de mon expérience personnelle. Je n’ai jamais gagné de concours, j’ai été refusé par beaucoup de maisons d’édition…et au final, regardez où j’en suis arrivé ! Tout ça c’est grâce à l’expérience. On ne nait pas écrivain on le devient.

— Ce serait votre conseil pour d’éventuels jeunes auteurs qui voudraient se lancer dans l’écriture ?

— Oui. Ecrivez, écrivez autant que vous le pouvez, et surtout soyez patients ! Ne vous sous- estimez pas mais ne vous surestimez pas non plus !

— Très bon conseil Lionel. J’espère que vous inspirerez de nombreux nouveaux auteurs dans les années à venir.

— Je le souhaite aussi.

— Et bien merci beaucoup Lionel pour cette interview, et pour cette petite partie de votre enfance que vous nous avez permit de partager avec vous.

— Merci à vous !
— A bientôt j’espère.

— Sans aucun doute ! Vous devrez sûrement me supporter encore pendant un long moment ! Tant que mes lecteurs me soutiendront je continuerais à les satisfaire dans mes livres ! »

Et voici comment s’est clôturée l’interview de cet incroyable auteur tournée il y a neuf mois. Malheureusement, ses prédictions ne se seront pas révélées exactes, et il nous a quittés beaucoup trop tôt. Cette perte nous rappelle à tous que tout peut arriver, même aux plus forts. Mais il est certain, et sa famille pourra sans doute le confirmer, que si aujourd’hui on demandait à Lionel Marcial ce qu’il pensait de sa propre mort, il nous répondrait le plus naturellement du monde : « J’accuse le coup ».

 

Pseudo-auteur : Yunawen

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