Au coeur de l’apocalypse


Apocalypse, du grec apocalypsê, signifie la Révélation, la Découverte…
Première étape. Le ciel change de couleur. Le rouge. Le rouge du sang des innocents
s’empare du bleu du ciel. Les oiseaux tombent. Leurs ailes sont lourdes, tâchées de sang.


Toujours le sang. Les nuages sont là, noirs et menaçant. Ils grondent. Ils sont prêts à pleurer
des larmes de sang. Elles viendront teinter le sol de leur couleur macabre. Et le sol les boira
goulument jusqu’à plus soif.
Deuxième étape. Le bocal se brise. Les pauvres poissons que nous sommes se retrouvent à
l’air libre. Mais ce n’est pas la liberté qui nous attend. Non. C’est la suffocation,
l’hyperventilation, la douleur puis la mort. Peut-être. Elle ne frappe pas tout le temps. Certains
poissons survivent de justesse. En buvant les larmes de sang des nuages noirs et menaçant. La
douleur, cependant, persiste. Toujours la douleur. Et les poissons prient pour que la mort se
décide à frapper.
Troisième étape. Les cris retentissent d’un bout à l’autre de l’espace. Ils sont si aigus qu’ils
percent les tympans. Pourtant les poissons continuent à les entendre. Les cris résonnent dans
les têtes et font perdre l’esprit. Avec les cris vient le silence. Les contradictions se multiplient.
Toujours le silence. Les poissons le redécouvrent mais ne l’apprécient pas. Il est aussi
assourdissant que les cris. Un coup il est trop long, un coup il ne dure pas assez. Les poissons
perdent la tête, ne savent plus ce qu’ils veulent. Ceci est cela. Nul n’y peut rien.
Quatrième étape. Le sol a trop bu de larmes. Il en recrache une partie et crée des rivières
rouges, acides, mortelles. Il gronde, il a mal. Le surplus est douloureux. Les nuages pleurent
encore, le sol boit encore, les rivières se forment encore et encore. C’est un cercle vicieux.
Une fois la machine mise en route, rien ne peut l’arrêter. Les cadavres des oiseaux tombés du
ciel s’entassent. Les animaux terrestres ne peuvent boire les rivières mortelles et ils meurent
quand même. Leurs cadavres s’entassent. Toujours des cadavres. Ceux des poissons se
joignent aux leurs. La bouche grande ouverte dans une dernière supplique douloureuse. Ils
n’ont pas nagé assez vite.
Cinquième étape. La fin approche. On avance, on avance au milieu des cadavres. On
regarde, on regarde les oiseaux tomber du ciel, les nuages pleurer des larmes de sang. On
ressent, on ressent le sol recracher le surplus de sang et créer les rivières rouges, acides et
mortelles. On voit, on voit bien la douleur déchirer les visages des autres poissons. On entend,
on entend les cris et le silence assourdissant déchirer les tympans. On suffoque. Oui, on
suffoque. On est juste des poissons chanceux. Peut-être pas. La fin se rapproche. Elle pleure,
elle tremble, ses larmes forment des rivières, elle tue. La planète tue sans distinction à cause
de pauvres poissons sans nom, sans identité qui voulaient apprendre à voler avant de savoir
nager. Ils n’ont rien compris. Il y aura toujours le sang, toujours la douleur, toujours le silence,
toujours des cadavres. Ils n’ont pas voulu le comprendre. La fin est proche. À porter des
oeillères, on ne voit pas le plus important. Au delà du sang, de la douleur, du silence et des
cadavres. Au delà, il y a la vie. Mais les poissons n’ont pas compris.
Fin de la traversée de l’Apocalypse.

 

Pseudo-auteur : Cécilia30

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