Le mineur


Le trou creusé, un, et deux, enfourché le câble de fortune ; couinement désagréable, pauvre homme sale avalé par l’Enfer ; et la descente est rude et l’arrivée est lointaine,

cette brèche au sein aride, craquelé, effondré ; le bambou improvisé retient les retombées rageuses ; l’inexorable chute ; et le posé, enfin, sur l’eau qui fuit de l’inconnu, on pioche son outil, presque un rite, une soumission ; plié en trois, un coup vole, le premier coup, hasardeux certainement ; fort dans l’acoustique étouffée, une suffocation habituelle, dans l’ombre, la luciole se meurt à chercher ses joyaux, c’est l’Espérance, quelle enfant capricieuse ! donne-moi Fortune, donne-moi Bonheur, mais le but de l’entreprise n’est-il pas de priver de joie ?
Infâme vie ! Qu’on corrompt ! Qu’on corrompt… As-tu imaginé ta vie sans tes mains pauvre gamin, non, tu meurs, tes mains sont ton coeur, ton sang naît de leur sueur ; et ton cerveau ?
Et ta vie ? Atrophié, atrophiée, cadrés dans la mécanique humaine, cercueil de torture, oppressant tel est ton labeur, ami ; ami luciole, perds-toi, étouffée, étouffée… Remonte ! Il y a quelque chose là ! Fuite, d’air, de l’air, aidez, aidez-le.
Et ce soleil narquois qui ne veut pas se pencher, qui renie la bête noire, mon Dieu ! tu acceptes les dangers avec soupirs ! tant de pauvres soupirs lamentables ; et qui t’entend ? Qui te ressent ? Au fond du monde, peut-être ce magma langoureux qui t’embrasserait ; Quel amour ! Quelle convenance, tes bourses sont maintenant pleines de terre, tu remontes au monde, meurs à l’envers ; le jour, l’éblouissement qui t’a trahis ; qu’on te rejette, petit homme, comme tu supportes mal le jour ; regarde ce trou que tes mains ont creusé, tu as vu, as-tu
entendu ? La nuit infinie t’appelle tout au bout de l’univers, tu la refuses mais non si longtemps, non, elle te montre la mort et tue ta peur, elle te prépare, Oh ! tu ne seras plus luciole dans l’autre monde, la nuit sera partout, elle te tirera, te naviguera, t’emportera au fond du rien ; elle enfoncera son bras, cassant mâchoire et dents, au fin fond de ta gorge, pour t’empêcher ; tu ne parleras plus, qui pourrait t’entendre ? Si ce n’est le Ténèbre magnifique qui te crache dessus ; et tes joyaux ! Oh, tes joyaux ! Dieu, non, tu ne les emporteras pas dans ton
monde libre, ils sont les clés du jour éclatant, ils créent des acceptés parmi les affreux, ces affreux observent ces pierres au travers d’un feu formidable, jamais ils ne voient ton visage ; trop noir, trop proche du vrai, ils ne te verrons pas car à toi seul la mort est sympathique et l’envolée gracieuse vers le sol.

Pseudo-auteur : INGBG

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