Le feu des étoiles


Je me souviens encore de ce matin d’hiver. La neige tombait par lourds flocons et le Soleil était à peine visible derrière les nuages gris.
Il faisait froid, un froid glacé, un froid que même le feu ne réchaufferait pas. Le monde était morne et vide, blanc et glacé. Pas un souffle, pas un rire.
J’avais couru. Couru parce que c’était la seule chose à faire pour espérer que mon cœur recommence à battre au rythme fou de sa jeunesse.

Mais au fond de moi, je crois que je n’étais déjà plus qu’une ombre décharnée, qui hurlait dans le noir et avançait à tâtons. Même la plus exaltante des courses, même la plus inouïe des sensations ne me ramènerait pas la lumière.
C’était trop tard.
Si je vous parle de ce matin, si je prends la peine d’ouvrir la bouche, c’est pour que les mots jaillissent à nouveau comme ils le faisaient ce jour-là et puissent être entendus.
Car ce matin d’hiver, je me suis insurgée. Je me suis déployée, je me suis ouverte vers le ciel avec mes forces déclinantes et j’ai crié.
J’ai crié la solitude et l’égoïsme. J’ai hurlé la peur et la fuite du temps. J’ai chanté la beauté du monde, celle de l’amour et des étoiles.
Dans un murmure, à bout de souffle, j’ai accusé les hommes. Non pas que j’abhorre l’humanité, bien au contraire. Mais j’ai dénoncé leurs cœurs fermés et leurs paupières closes.
A genoux dans la neige, tremblante de froid et de colère, le corps glacé et le cœur brûlant, mes lèvres bougeaient en un ballet hypnotique et ma parole était tout juste audible.
Silhouette recroquevillée sur une plaine trop pâle, j’ai pensé le plus fort que j’ai pu le conformisme des sociétés, l’intolérance à la tolérance, l’indifférence à la différence.
J’ai revu les gens secrets, tous à leurs places, assis, couchés. Pas un son, la tête baissée.
Alors que mes yeux cherchaient les étoiles, alors que ma bouche hurlait en silence: « Le monde est trop beau pour regarder le sol! ».

Mais tous restaient comme ils étaient, vides et muets, porteurs d’un bonheur aussi éphémère qu’une bougie au grand vent.
Et que j’accuse cette société, et que je hurle l’obscurité!
Ce que je veux, c’est une lumière, même vacillante sur mon chemin, et, tendue vers moi une main.

 

Pseudo-auteur : Alone

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