Le feu des étoiles

Je me souviens encore de ce matin d’hiver. La neige tombait par lourds flocons et le Soleil était à peine visible derrière les nuages gris.
Il faisait froid, un froid glacé, un froid que même le feu ne réchaufferait pas. Le monde était morne et vide, blanc et glacé. Pas un souffle, pas un rire.
J’avais couru. Couru parce que c’était la seule chose à faire pour espérer que mon cœur recommence à battre au rythme fou de sa jeunesse.

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Chère Madame

Jackson, Mississippi, 1967

Mme Fowler,

Sachez que si vous songez à appeler la police, je ne serais déjà plus là pour qu’elle m’arrête. Ma très chère madame, vous vous demandez sans doute pourquoi je vous écris. Saviez-vous seulement que je savais écrire ? Je ne crois pas. Vous ne savez rien madame Fowler, vous êtes ignorante, comme toutes vos autres amies blanches.

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J’accuse mon nombrilisme

Je faisais de la balançoire étant petite sous ce vieux chêne. Je venais souvent soulager mes pensées. Le va et vient et l’air sur mon visage séchaient parfois mes larmes. Ce vielle et robuste arbre retenait mes chimères et, sous mon poids grandissant chaque année aucune branche n’avait pliée. J’aimais contempler l’horizon en m’imaginant un au delà derrière ces montagnes. J’aimais croire que je pouvais modifier ce qui était inévitable.

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Prisonnier

Devant moi, le médecin et sa blouse blanche ouverte sur une affreuse chemise à carreaux, l’infirmière et son sourire insipide. Ma mère tient ma main dans la sienne. Mon père est derrière elle. Tous me regardent, espérant une réaction. Je crois qu’ils attendent que je fonde en larmes, que je dise quelque chose.

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Maman

Je ne t’accuse pas. Au contraire, je te délivre.

Je te délivre du poids des mensonges qui s’accumulent sur tes épaules depuis ma naissance. Par la même occasion, je te délivre de la mauvaise conscience que seuls tes actes, phrases et pensées sincères t’ont apportée. Je te délivre de tes remords, de tes regrets. Je sais que tu en as par dizaine à mon égard. Peut-être même qu’avec le temps, cette lettre te délivrera de tes penchants pour l’alcool. Je te délivre finalement de notre lien de sang. Je sais que ma conception restera pour toi la pire erreur de ta vie.

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La vie

Aujourd’hui, les flics viennent chercher ma mère, je ne suis pas surprise au contraire, je m’en doutais, je me préparais déjà a son départ depuis longtemps, elle qui avait passé la plupart de son temps en prison.
Cette femme je l’aime et la hais en même tant, ce sont deux sentiments très déconcertants, je suis dans mon jardin, quand les flics arrivent chez moi, j’ai regardé la scène de façon stoïque, à cet instant, j’avais un sentiment en moi de dégoût, celle qui était sensée être ma mère avait telle encore commis un crime ?

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